Numéro 13

samedi 9 janvier 2010, par Mathieu Drouet
  • Levan Kakabadze
  • $emiotext
  • Jean-Claude Delalande
  • Charlotte Quentin
  • Hélène Gauchou
  • Yumiko Kayukawa
  • Jean-Christophe Sartoris
  • Gusclock
  • Pamela Klaffke
  • Lolita Picco
  • Fabien Basmaison
  • Juan
  • Alain Etchepare
  • The Traps
ISSUE 130110

Levan Kakabadze / $emiotext / Jean-Claude Delalande / Charlotte Quentin / Hélène Gauchou / Yumiko Kayukawa / Jean-Christophe Sartoris
/ Gusclock / Pamela Klaffke / Lolita Picco / Fabien Basmaison / Juan / Alain Etchepare / The Traps

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Levan Kakabadze

INTERVIEW de l’artiste $emiotext

MINE DE RIEN

« TENTATIVES » Jean-Claude Delalande

INTERVIEW de l’illustratrice Charlotte Quentin

COLORS

Hélène Gauchou

INTERVIEW de l’artiste Yumiko KAYUKAWA

EXTRAITS

« TE SOUVIENS-TU QUAND TU AVAIS

LES CHEVEUX LONGS ? » Jean-Christophe Sartoris

INTERVIEW de l’artiste Gusclock

HIDE

« BESTIA PARVULUS » Pamela Klaffke

INTERVIEW de l’artiste Lolita Picco

CHILDHOOD

« XÏNZHÀI » Fabien Basmaison

INTERVIEW du l’artiste Juan

CITIZEN

« LA GRANDE VILLE » Alain Etchepare

INTERVIEW du groupe « The Traps »

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Levan Kakabadze

INTERVIEW de l’artiste $emiotext

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  • INTERVIEW

COMMENT AVEZ-VOUS COMMENCÉ LA PHOTOGRAPHIE ?

D’une façon très typique : je me suis toujours intéressé aux visuels. J’étudiais la réalisation cinématographique, et on m’a
demandé de raconter une histoire en 6 photos. Plus tard, j’ai utilisé l’appareil photo de mon ami et commencé à prendre
des photos.

UNE PHOTOGRAPHIE HUMANISTE ?

Je ne sais pas, peut-être ma photographie l’est plus que ma propre vie. Je dois ma photographie à des personnes à qui je
ne donne rien.

VOS SOUHAITS POUR DEMAIN ?

Au moins un problème résolu, le mien ou celui de quelqu’un d’autre, peu importe.

http://levankakabadze.com

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  • INTERVIEW

POUVEZ-VOUS DÉCRIRE VOTRE FORMATION ARTISTIQUE ?

Elle fut plutôt classique, je suppose. J’ai toujours peint et dessiné. Gamin, je pouvais m’asseoir pendant des heures, créer
mes propres univers à huis clos, y inventer des histoires connues simplement de moi, seulement entre moi et moi.

Plus tard, j’ai enduré la période habituelle de l’école d’art. J’en suis sorti meurtri et à moitié cassé (mais c’est un scénario
assez commun, d’après ce que j’ai compris).

Un jour, j’ai simplement décidé de faire un essai. C’était ça ou sauter d’une fenêtre... et c’est toujours une option quand
même... Voilà où nous en sommes.

UN PEU DE FOLIE…

Un Courant de Folie. Je ne le connais pas, celui-là. Qui connaît ces choses, vraiment ?

Certains jours, j’ai besoin qu’on me rappelle que je dois me brosser les dents, d’autres tout semble fonctionner assez bien.
Le marché intérieur est tout aussi infernal dans sa simplicité que tout autre marché : vous perdez... vous gagnez.

Tant que 5% de ce que vous essayez de communiquer atteint un récepteur opérationnel, le « système » fonctionne et, tout
d’un coup, tu n’es pas fou du tout.

VOS PROJETS

Mes associés et moi, nous venons tout juste d’obtenir notre premier véritable studio, donc en ce moment nous sommes
plutôt en train de mettre en place toutes sortes de projets. Je travaille sur des illustrations pour un projet qui deviendra, si tout
va bien, un film d’animation, qui sortira en DVD (avant 2012, si « Dieu » le veut et si les gens impliqués en sont capables).

http://www.myspace.com/semidab

  • Depuis son lancement en 1998, Actuphoto a su s’imposer parmi les media culturels consacrés à l’actualité photographique ce qui lui a permis d’acquérir la confiance des plus grands organisateurs d’événements photographiques tels que l’agence VU, Magnum photo, la Maison Européenne de la Photographie, le Jeu de Paume, Paris Photo...

LES SERVICES

Aux lecteurs

• Les annonces des expositions dans toutes les villes où la photographie a joué et joue encore un rôle historique

• Les actualités récentes du monde de la photographie

• Une sélection d’ouvrages et de parutions

• La couverture des principales manifestations, festivals, colloques, rencontres, salons ou signatures…

• Un accès gratuit aux alertes par email

Aux photographes

• L’annonce des concours, prix, bourses, appels à candidature

• L’annuaire des professionnels de la photographie

• Une rubrique CARTE BLANCHE mettant en avant des photographes originaux et marginaux à découvrir

• Un espace membre permettant aux professionnels, amateurs et photographes d’échanger des informations et de soumettre
leurs communiqués de presse ou événements

  • MINE DE RIEN
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« TENTATIVES » Jean-Claude Delalande

INTERVIEW de l’illustratrice Charlotte Quentin

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À PROPOS DE CETTE SÉRIE…

J’en ai eu l’idée il y a un peu plus d’un an. Lors d’une séance avec mon analyste, il me demanda : « Avez-vous déjà pensé
au suicide ? ». Cette question me turlupina pendant quelques jours. Puis je me demandai, si je devais passer à l’acte, quels
moyens j’utiliserais pour mettre fin à mes jours. Ma première idée fut celle de la tentative avec le rasoir jetable. Je me disais
que le procédé n’était pas très efficace mais assez drôle. J’imaginais par la suite un personnage au bout du rouleau qui
essaie chaque jour une nouvelle technique de mise à mort. Chacune de ces tentatives s’avère un échec. Ne serait-il pas
doué pour le suicide ? Ou bien ferait-il exprès de se rater afin d’attirer l’attention de son entourage ? Toujours est-il qu’après
plus d’une trentaine d’essais et plus d’un mois d’acharnement, ses proches décident de l’enfermer dans le parc de son fils
afin qu’il reprenne ses esprits et qu’il se calme un peu. Non pas parce qu’il avait fait des saletés et dérangé l’appartement
familial, (il avait pris beaucoup de précautions afin de ne pas trop gêner), mais cela n’était plus possible, les accessoires
qu’il s’était procurés pour cette péripétie envahissaient le petit 3 pièces. En définitive, le personnage décide de déchirer sa
propre image, et met un point final à cette aventure.

VOS ACTUALITÉS ET PROJETS…

Actuellement, et jusqu’à la fin novembre je participe à une exposition collective à la mairie du 10e à Paris. Début novembre je
présenterai un extrait de plusieurs séries à l’Ambassade de France, Centre Culturel Français de Belgrade (Serbie).Plusieurs
expositions personnelles sont en cours de réalisation en province, dans différentes villes du Nord et à Quimper à l’occasion
d’un festival. Je recherche également une galerie pour me représenter. Et puis je reste toujours dans l’espoir que mon travail
attirera l’attention d’un éditeur. Je pense que le rêve de chaque photographe est de voir un jour ses photographies dans
un livre.

http://jcdelalande.com

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LE CHOIX DE L’ILLUSTRATION

Et bien je ne voulais pas être peintre et je ne voulais pas être graphiste (nul besoin de rajouter que je ne voulais pas non plus
être comptable, dentiste ou agent immobilier...). L’illustration s’est alors imposée d’elle-même. Parfois, je me dis en fin de
mois que finalement, avocate, c’était pas une si mauvaise idée.

CHARLOTTE, UN SACRÉ CARACTÈRE…

Je ne vois pas de quoi vous voulez parler ! Charlotte est une jeune femme tout à fait structurée mentalement, stable, forte,
indépendante, rigolote mais souvent blasée par « les autres »... Personne n’est parfait. Quand elle craque et qu’elle se rend
compte qu’elle n’a que son chat à cajoler, elle se met à écouter les tubes des années 80 sur RFM en pleurant, à se dire
qu’il serait temps de faire un régime et puis qu’elle ne trouvera jamais l’homme de ses rêves. (psstttt au passage, si vous
en connaissez un...). Bref Charlotte est somme toute comme beaucoup de jeunes femmes et elle adore les faire sourire en
racontant de grosses bêtises !

VOS PROJETS ?

Et bien j’aimerai beaucoup être éditée et ce n’est pas chose facile...Mais je ne baisse pas encore les bras ! JAMAIS ! Je suis
également sur un projet de livre jeunesse et je me mets à la papeterie. Je vous tiendrai au courant quand j’aurai de gros
stocks à vendre ! OK ? Je peux aussi vous peindre un mur chez vous ! Hem...

www.myspace.com/leokadi

www.myspace.com/laveritablecharlotteq

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Hélène Gauchou

INTERVIEW de l’artiste Yumiko Kayukawa

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LA PHOTOGRAPHIE POUR VOUS…

C’est difficile a dire, c’est avant toute chose une façon de regarder, appareil photo en main ou pas. Quand je regarde le
monde je ne suis pas en permanence entrain de penser photographie, mais je sais que ce que je vois serait différent si je ne
faisais pas de photo. Puis, lorsque appareil photo il y a, ce que je préfère dans le processus c’est tout ce qui se passe avant
le déclenchement. Tout se passe dans les yeux et dans les tripes, il n’y a plus de pensée, plus de réflexion. D’ailleurs le « Je »
disparaît, c’est reposant. Pour moi, faire de la photo n’est pas un moyen mais une fin en soi. Je n’ai rien à vendre et rien à
dire, j’essaye juste de rapporter ce que me font les choses quand je les regarde et, si j’y parviens et que d’autres peuvent
les ressentir, alors c’est l’apothéose.

POURQUOI CE CHOIX DE FORMAT ?

Mon but est de l’utiliser essentiellement dans le cadre de la photo de rue, pour son potentiel de dynamique. Par exemple
avoir deux sujets, un en avant plan, un en arrière plan et parvenir à guider le regard de l’un a l’autre via le format. Je n’ai pas
envie de l’utiliser de façon frontale, comme c’est le cas dans le panoramique de paysage, mais de plutôt souligner les lignes
de fuites. Pour l’instant je me familiarise avec ce format, et les photos présentées ici sont une première approche, mais j’y
travaille.

DES ENVIES DE VOYAGES ?

De multiples bien sûr ! En lien à la photographie j’aimerais faire un tour des villages désertés Nord Américains. Certains
de ces « Ghost Towns » sont vraiment fantômes car plus rien ne subsiste mais un grand nombre comporte encore des
bâtiments. J’aimerais les voir avant que tout ne disparaisse. Au-delà de ça j’ai des envies d’Islande et d’Argentine pour ne
citer qu’elles mais comme j’habite depuis un peu plus d’un an à Vancouver je me sens déjà en voyage permanent ici...

www.flickr.com/people/helene_pom/

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VOTRE INSPIRATION

Elle vient des émotions que je ressens à n’importe quel moment. Lorsque j’espère, j’apprécie ou que je suis impressionné,
lorsque je me sens triste, furieux, songeur. J’adore la musique (rock’n’roll) et le cinéma. Je m’inspire de certaines scènes
de films et de paroles de chansons. Je suis aussi un grand amoureux des animaux. De nombreuses idées me viennent
lorsque je les vois évoluer dans la nature ou en regardant des documentaires animaliers. De plus, depuis que j’ai déménagé
du Japon pour les Etats-Unis, je ressens différemment les choses. C’est très intéressant d’observer son pays d’origine
de l’extérieur, mais aussi de vivre l’Amérique de l’intérieur après l’avoir imaginée. Ces nouvelles perceptions m’inspirent
énormément.

COMMENT CRÉEZ-VOUS ?

Tout d’abord, je dessine un croquis au crayon sur du papier, puis je le retranscris sur une toile ou une planche en bois. Je
peins ensuite à l’acrylique et dessine de très fines lignes à la plume.

VOS PROJETS…

Une exposition solo est en cours à la « Shooting Gallery » à San Francisco, depuis le 14 novembre. Plusieurs expositions de
groupe sont prévues pour le printemps 2010.

www.sweetyumiko.com/

www.myspace.com/yumikokayukawa

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« TE SOUVIENS -TU QUAND TU AVAIS LES

CHEVEUX LONGS ? » Jean-Christophe Sartoris

INTERVIEW de l’artiste Gusclock

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COMMENT EST NÉE CETTE SÉRIE ?

Une maison de familles en vacances. Les objets autour de moi m’évoquent les générations qui se sont succédées entre
ces murs. Tous ces gens, ces vies passées, ces passions, ces tourments, ces secrets. Seuls les meubles et les objets sont
encore là, témoins muets. Il règne un sentiment de vide nostalgique, un de mes thèmes favoris.

DE L’IMAGINAIRE OU DU REPORTAGE ?

Il s’agit d’un reportage imaginaire. Les objets sont ceux du quotidien, bien réels. Mais chaque objet est porteur d’imaginaire.
Chacun de nous peut y associer une histoire personnelle, un événement, une émotion. Même s’ils nous sont étrangers,
chacun peut y projeter son propre vécu : moment de joie, moment douloureux, nostalgie…

DES PROJETS ?

J’aimerais effectuer le chemin inverse qui m’a amené à la photo et effectuer un retour éphémère à la création musicale, le
temps d’un album autour d’un projet danse–peinture. Mais cela reste encore flou. J’espère m’y ressourcer pour des projets
photo futurs.

www.jcsartoris.com

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PARLE-NOUS DE TON TRAVAIL…

Au début, mes images étaient un mélange de photos et de dessins. Et puis en creusant un peu plus sur Photoshop, j’ai
voulu rajouter des photos que malheureusement je ne possédais pas. Difficile d’attendre d’aller à New York par exemple,
pour prendre les buildings vus d’avion ou encore prendre des plates-formes pétrolières en pleine mer, sans parler des
femmes des années 40… Pour faire des images Photoshop, j’ai donc pris des photos sur Internet (libres de droits bien sûr
 ;)). Bien évidement, celles-ci sont inexploitables car les résolutions sont trop faibles. Quoique pour une e-diffusion, ça peut
être acceptable. Mais depuis 2 ans, je m’attache à prendre mes propres photos. Je peux donc découper et coller mes
propres objets, mes propres décors, paysages et personnages. Je dessine (ou gribouille plutôt) pour équilibrer tout ça.

TES SOURCES D’INSPIRATION…

Je n’ai pas la technique d’un graphiste ni l’inspiration d’un artiste, mais j’ai besoin de m’exprimer par un moyen autre que
la parole. Pendant longtemps, je faisais de la musique avec une bande de copains, j’étais à la basse. Outre cet instrument
que j’affectionne particulièrement, je prenais quelques photos et faisais un peu de Photoshop pour créer l’univers visuel du
groupe… Depuis, pour des raisons professionnelles, nous avons arrêté la musique. Et le seul moyen que j’ai gardé pour
continuer à m’exprimer, c’est ça, ce mélange de photos, de dessin et de Photoshop. Disons que c’est du collage. Pendant
longtemps, ces images étaient pour moi-même, comme un mal au crâne personnel de quelques heures, et restaient
stockées dans mon ordinateur. Et puis, les amis s’en sont mêlés et ont voulu les voir. Je me suis laissé convaincre pour les
montrer plus régulièrement. Et ce ne fut pas simple car je sais que je vais reprendre la phrase par laquelle j’ai commencé. Je
suis un commercial freelance (et oui ça existe) qui a de plus en plus mal au crâne le week end… Je suis très influencé par
des artistes comme Julien Pacaud, Stanley Donwood, Gildas Secretin… Et j’aime beaucoup m’exprimer sur des musiques
telles que Ez3kiel, Radiohead, Massive Attack, Portishead, DJ Shadow, Bonobo, Ratatat, Sigur Ros, Archive, Wax Taylor,
Gotan Project, Shaolin Soul… Et plein d’autres mais il me faudrait 3 pages... Et ce qui m’influence par-dessus tout c’est
l’actualité.

DES PROJETS ?

Continuer à apprendre des techniques de montages / collages, peut-être tenter une expo, pourquoi pas bosser pour un
groupe de zic qui démarre… Mais rien de concret dans ce domaine. Ma logique étant d’abord de produire pour me faire
plaisir et surtout me libérer.

http://www.myspace.com/gusclock

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« BESTIA PARVULUS » Pamela Klaffke

INTERVIEW de l’artiste Lolita Picco

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  • BESTIA PARVULUS

BIOGRAPHIE :

Pamela Klaffe est un écrivain et une photographe canadienne qui prend des photos exclusivement avec des appareils
photos analogiques et les films périmés et / ou endommagés. Elle est l’auteur du roman récent, Snapped, et la fondatrice
de « La société secrète des arts analogiques », une organisation qui encourage la fusion créative entre la communication
analogique et numérique en proposant une série de projets artistiques participatifs.

COMMENT EST NÉE CETTE SÉRIE ?

J’ai toujours été fascinée par le côté sombre des contes traditionnels pour enfants. Je venais de terminer la lecture d’une
nouvelle traduction des travaux de Hans Christian Andersen, quand j’ai acheté un masque de lapin dans un magasin local.
Les photos se passèrent si bien que j’ai décidé de partir à la recherche d’autres masques afin de constituer une série.

CES IMAGES SONT PLUS TERRIFIANTES QUE MERVEILLEUSES ?

J’aime à penser qu’elles sont les deux. Je suis toujours intriguée par les images qui sont sombres et fantastiques, mais qui
ont encore un sens de l’humour et j’espère que cette série a atteint cet équilibre.

VOS PROJETS ?

Il ya toujours de nombreux projets. Je suis en train de travailler sur deux nouvelles séries, et j’explore les moyens de fusionner
mon écriture et mon travail photographique. Je suis également conservatrice d’un nouveau projet participatif des arts intitulé
“Nightmare Sara” (www.sarasnightmare.com) grâce à la société secrète des arts analogiques.

www.pamelaklaffke.com

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  • INTERVIEW

VOTRE TECHNIQUE DE TRAVAIL ?

Je mixe les techniques traditionnelles (dessins, collages, tampons...) avec les logiciels Photoshop et Illustrator principalement.
J’utilise aussi beaucoup de vieilles photographies, de vieux papiers chinés dans des brocantes, que je scanne et retravaille
sur ordinateur. J’essaie toujours de garder un aspect « fait main » dans mes illustrations car le « tout-vectoriel » me fait un
peu peur !

OÙ TROUVEZ-VOUS VOTRE INSPIRATION ?

Dans les travaux d’illustrateurs que j’apprécie énormément, dans des scènes de mon quotidien et de mon passé, dans
ma collection de vieilles photographies (des années 20 aux années 80...). Mais je ne suis pas seulement une illustratrice
nostalgique, beaucoup d’événements politiques, sociaux d’aujourd’hui m’inspirent. Et quand je suis l’actualité, il y a tellement
de choses qui me dépassent et me paraissent aberrantes que j’ai besoin de m’exprimer là-dessus à mon niveau. Je ne
suis pas engagée à 100% mais disons que j’ai la possibilité d’exprimer des idées par le biais de mes illustrations, donc
j’en profite. Et ça donne souvent un double sens de lecture à certains de mes travaux, car, derrière les couleurs, l’aspect
purement esthétique, il y a toujours un « message » plus ou moins négatif sur ce que je ressens sur le moment (par exemple
 : l’illustration « Made In China » ou encore « Obama » réalisée juste après l’effervescence de son élection).

UNE OEUVRE QUI VOUS A MARQUÉE ?

Difficile de choisir une seule oeuvre ! Je dirais que le travail d’Egon Schiele me touche beaucoup parce que justement,
à travers ses dessins, il laisse transparaître ses émotions, ses blessures, ses névroses et malgré moi j’aime les esprits
tourmentés ! Dans un style plus contemporain, je m’intéresse au Graffiti et j’apprécie énormément les boulots de Dran, Jaw
et Bom.K.

www.myspace.com/lo_litaa

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« XÏNZHÀI » Fabien Basmaison

INTERVIEW de l’artiste Juan

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XÏNZHÀI

LA PHOTOGRAPHIE POUR VOUS, C’EST…

Un mystère ? Je décrivais récemment ma façon de voir la photographie comme ceci : « Taking a camera and shooting at
people is of course exposing them to my film, but it’s also exposing myself to others more than what I would. » Dans l’acte
de photographier, il y a prendre aux gens une part de leur vie, mais il y a toujours un peu de cet échange qui fait que, « clic »,
tu fais aussi partie de la leur. Je suis loin d’être un gros technicien de la photo. J’apprends un peu tous les jours, notamment
des rencontres que je peux faire dans le magasin (de photo) en bas de chez moi, dans la rue, sous les rues, au dessus des
rues, hors des rues. Même en tant qu’architecte, le bâtiment a quelque chose à nous apprendre sur son temps, sur les gens
qui y vivaient, sur ce que l’on peut attendre de son futur. En contrepartie, la photo permet de le donner à voir aux autres,
et éventuellement l’expliquer. Oui c’est ça, je crois que la photographie ça me permet d’appliquer un concept simple :
l’échange.

  • À PROPOS DE CETTE SÉRIE

XÏnzhài, c’est un gros coup de coeur. Ce petit village au milieu des rizières du Guangxi, au sein de la communauté Miao,
n’avait jamais vu d’étranger ; immense privilège que d’y avoir séjourné, même s’il ne s’agissait au départ que d’une mission
professionnelle. Le Guangxi est une province de Chine au statut un peu particulier car gouvernée par des communautés
non Hàn (ethnie dominante en Chine) et regroupant plusieurs minorités (de fait). Dans ce village, la seule personne parlant le
mandarin (•• ou Hàny••, la langue des Hàn, langue officielle en Chine) était le directeur et enseignant de l’école que nous
devions reconstruire. Ces photos sont le résultat de deux visites, une première en août 2007 pour faire un état des lieux du
bâti et des souhaits des villageois et élèves ; la seconde en août 2008 pour voir où en était le chantier. Au court de notre
première visite, nous avons notamment appris que certains élèves devaient passer des heures dans la neige, la boue, ou
parfois ne pas rentrer chez eux avant que la route ne soit reconstruite en cas de glissement de terrain, plus tout une liste
d’expériences quotidiennes qui nous sont complètements inconnues en France. Ça aide à relativiser ses propres malheurs
 ; ces enfants luttent vraiment pour pouvoir étudier. À chaque fois, les responsables des autorités locales étaient venus et
les enfants s’étaient rassemblés pour nous accueillir, les filles s’étant vêtues de leur plus belle robe blanche ; adorable ;
touchant ; hors de notre temps.

VOS SOUHAITS POUR DEMAIN ?

Get a job ? (rires) J’aimerais beaucoup pouvoir récolter un peu d’argent avec ces photos pour acheter / envoyer des fournitures
scolaires aux enfants là-bas, ou tout simplement participer au développement de l’éducation dans ce village. Même à
petite échelle, je suis sûr que toute aide serait appréciée. Sinon sans doute plonger un peu plus dans l’apprentissage des
techniques photo. J’ai jamais été fan de ce qui était trop clean, trop artificiel ; j’ai l’impression qu’on se rapproche des vieilles
images de synthèse où tout paraît trop propre et donc irréel. Donc apprendre à faire de meilleures photos authentiques
et pourquoi pas un peu plus « crades », mais toujours en gardant en tête que le résultat doit être beau, pas parce qu’il est
propre, mais parce qu’il fait réagir d’une façon ou d’une autre. Clairement un peu plus d’argentique. Ha... Et puis développer
tous ces RAW qui traînent, aussi, mais ça attendra après-demain, je crois.

http://www.arkhi.org/

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  • INTERVIEW

DÉCRIVEZ-NOUS VOTRE UNIVERS…

Difficile de situer mon univers aujourd’hui car il est entrain d’évoluer mais je dirais un univers assez onirique, je garde un regard
naïf à la limite de l’angoissant. J’aime jouer à la limite du rêve qui peut devenir cauchemar et inversement. Actuellement
j’aime dessiner sur du papier kraft. Ce support garde la vraie couleur du papier. Le coté brut de la nature, – en opposition
directe avec les médium utilisés qui sont quand même hautement polluants - bic, acryliques, feutres aérosol...–, me plaît
beaucoup parce qu’il insiste sur le côté mutation génétique de certains personnages et donc, quelque part, renvoie à ce
que l’on vit aujourd’hui dans le monde.

VOS SOURCES D’INSPIRATION ?

La période du symbolisme, la culture skate et art américaine (Pop surréaliste) avec des artistes allant de Jim Phillips à Jeff
Soto (jetez un oeil sur Juxtapoz et Fecal face, ça résumera un peu l’univers), le graffiti, le tattoo, la musique, les vieux films
et les vieilles BD de SF et d’horreur...

DES PROJETS POUR DEMAIN ?

Je prépare une expo collective à la galerie l’Art de rien sur Paris pour février et en mars à la Green galerie sur Toulouse.

www.creabook.com/juan

www.myspace.com/juanelgatoloco

  • Digital Photo Professional, plus communément appelé « DPP », est le logiciel de traitement d’images édité par Canon et fourni gratuitement avec tous les reflex numériques de la marque. Spécialisé dans le développement des fichiers RAW « Canon », il permet aussi de travailler au post-traitement des images JPEG et TIFF via une interface simple et des outils judicieusement choisis, faciles à appréhender et à maîtriser. Ainsi, en plus d’être le seul logiciel capable de donner accès à toute l’information contenue dans les fichiers CR2 issus des boîtiers Canon, ce « dématriceur » qui a sa place parmi les meilleurs du marché est un formidable outil d’apprentissage du traitement des fichiers RAW pour les photographes qui travailleraient pour la première fois avec un logiciel de développement.

Cet e-book est le tout premier titre en langue française entièrement dédié à DPP. Après une présentation des principales
fonctionnalités du logiciel et un rappel des notions essentielles à un traitement d’images maîtrisé (exposition, luminosité,
histogramme…), il propose une découverte par la pratique des points forts du logiciel à travers une vingtaine d’exemples
concrets détaillés pas à pas.

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« LA GRANDE VILLE » Alain Etchepare

INTERVIEW du groupe « The Traps »

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LA GRANDE VILLE

LA PHOTOGRAPHIE POUR VOUS…

Tout d’abord elle est un formidable moyen d’expression. Elle me permet de communiquer ma vision du monde et, à travers
elle, d’essayer d’entraîner d’autres personnes dans mon univers. Cela peut être par des sujets avec lesquels j’ai envie de
dire ou montrer quelque chose, ou en capturant simplement les moments et les lieux qui me touchent, au gré de mes
humeurs et de mon imagination, sans autre but que d’y laisser un peu de moi-même. Elle me permet également de vivre
plus intensément mes émotions et m’oblige à prendre du recul sur moi-même, sur les autres, sur le monde. Et enfin, quand
on est comme moi un rêveur et un utopiste, elle offre la possibilité de vivre un peu au-delà de la réalité.

UNE AMBIANCE

Hivernale, isolée, où la présence de l’homme ne se fait pas entendre, discrète, seulement mélangée au silence et au souffle
du vent, et n’est visible que parcimonieusement, disséminée dans une immense plaine.

VOS PROJETS…

Beaucoup trop... Mais le prochain sera sûrement une immersion dans un univers très influencé par les romans de Haruki
Murakami, ou l’on ne sait pas très bien si l’on est dans la réalité ou au-delà, dans le rêve ou la folie.

En tous cas, pour le moment je n’ai pas envie de m’enfermer dans un style photographique, mais plutôt de chercher le style
qui convient à chaque projet.

  • SYNOPSIS

Quelle est cette ville étrange qui s’ouvre à nos regards et où les murs suintent la peur et les regrets ?.... Une ville cannibale,
tentaculaire qui a fini par recouvrir le monde... Est-elle le résultat d’une Société qui aurait voulu aller trop loin et qui aurait
finalement perdu tout contrôle au point de s’étouffer elle-même ? Une ville où régnait la peur et où l’on ne s’éloignait plus
au-delà des avenues larges et éclairées... Une ville, reflet d’un monde où la consommation était maître, où l’appât du gain,
l’ivresse de la nouveauté ont créé l’ennui et le rejet, où l’on brûlait chaque jour ses idoles déchues, adulées un jour, oubliées
le lendemain... Une ville paradoxale, surpeuplée, qui se voulait parfaite, mais où jamais on ne s’était senti si seul... Une
ville qui a finalement gagné. Des hommes qui la peuplaient par milliards il ne reste que poussière... À peine le souffle d’un
souvenir.

À travers cette série j’ai voulu vous inviter à faire une incursion dans cette ville morte et silencieuse. Vous y serez le seul
visiteur, le seul à vous interroger, seul face à vos émotions, vos regrets... Comment a t-on pu en arriver là ? L’homme est-il
si aveugle ?

Dans cette série j’ai cherché, dans nos cités d’ici ou d’ailleurs, tous ces endroits qu’on ne voit déjà plus, ces lieux parfois
récents mais qui sont oubliés, délaissés, rejetés.. Écrasés par un modernisme permanent. Ces lieux qui semblent hors du
temps, symboles de cette course contre la montre qu’on mène contre la vie elle même. Ces quartiers ghettos où même
leurs habitants sont ignorés du reste du monde qui poursuit toujours plus avant sa course aveugle, les yeux fixés sur tout ce
qui brille, oubliant l’essentiel. Mais cette ville que je vous montre, est elle réellement une fiction sortie de mon imagination ?
N’existe-t-elle pas déjà tout autour de nous ? Regardez !

www.alainetchepare.com/

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  • INTERVIEW

QUI SONT LES TRAPS ET COMMENT VOTRE AVENTURE A-T-ELLE COMMENCÉ ?

Jamie & Nick Berry, Dan Webb et James Minhas. Nous sommes tous de Birmingham Royaume-Uni. Nous sommes amis et
jouons de la musique ensemble depuis des années. Un jour, il fut temps de créer Les Traps, nous avions une série d’idées
de chansons et nous souhaitions tous travailler dessus.

QUEL GENRE DE MUSIQUE AIMEZ-VOUS JOUER ?

Nous jouons le « punk indie alternative » avec des mélodies ensoleillées. Des groupes comme Les Beach Boys, Télévision,
Radiohead, Les Pixies, Phoenix et Les Clash nous ont influencés. Nous menons également une station de radio sous notre
nom « Speech Fewapy » avec des concerts tous les mois à partir du Royaume-Uni, Montréal, New York et Edimbourg.

VOS PROJETS…

Nous avons récemment créé notre propre label : Fewapy Speech Records www.myspace.com/speechfewapyrecordings)
à partir duquel nous avons sorti deux EPs gratuit, « Luna » et « Elk » à ce jour en 2009. En ce moment, nous travaillons sur
la nouvelle sortie Les Traps sur ce même label.

www.the-traps.com/luna/

www.the-traps.com/elk/

Nous avons crée Speech Fewapy, non seulement pour être libre d’enregistrer par nous-mêmes et de communiquer à notre
guise, mais aussi parce que l’ensemble du projet était entièrement nôtre. La musique, les vidéos et les illustrations sont sous
notre contrôle. En outre, le punk label des années 1970 « Stiff Records » était une source d’inspiration énorme qui nous
a donné la motivation pour créer nous aussi quelque chose. Nous avons fait également les T-shirts « You Need Speech
Fewapy » qui sont déjà très populaires, encore une fois inspirés des fameux T-shirt Stiff Records, indiquant : « If it ain’t STIFF,
it ain’t worth a fuck ».

Notre objectif est d’enregistrer et de communiquer autant que possible pour notre label et le faire des tournées aussi loin
que nous le pourrons.

www.myspace.com/thetrapsofficial

  • Ont participé à ce numéro :

laurence guenoun - Directrice de publication / DA

carine lautier - Rédactrice en chef

candice nguyen - Communication & Publicité +33 689 921 043

JÖRG FISCHER - DA / Graphiste

mathieu drouet - Webmaster

eric battistelli - Journaliste

christophe dillinger - Traduction

ERIN KIM - Traduction

COLETTE BLANC - Correctrice français

LAURENCE GUENOUN - Photo couverture

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