Numero 11

dimanche 8 novembre 2009, par Mathieu Drouet

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  • Mathieu Drouet
  • Lisemai
  • Patrick Lhuiller
  • Mathieu Farcy
  • Jean Mach
  • Bruno Quinquet
  • Atelier Camino
  • Monsieur Qui
  • Leila Garfield
  • David Proux
  • Nicolas Brunet
  • Martin Müller
  • Antoine Montagne
  • Brian Scott Peterson

ISSUE 111109

Mathieu Drouet / Lisemai / Patrick Lhuiller / Mathieu Farcy / Jean Mach / Bruno Quinquet / Atelier Camino / Monsieur Qui / Leila Garfield /
David Proux / Nicolas Brunet / Martin Müller / Antoine Montagne / Brian Scott Peterson

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  • IMAGINAIRE

« ANDRÉA » Mathieu Drouet

INTERVIEW de l’illustratrice photographe Lisemai

NEW WORLD

« NYC 2000 » Patrick Lhuiller

INTERVIEW du réalisateur Jean Mach

INSIDE

« LES PICARDS » Mathieu Farcy

INTERVIEW de l’artiste Antoine Montagne

WORKERS

« SALARYMAN PROJECT » Bruno Quinquet

INTERVIEW de l’Atelier CAMINO

BE DARK

« NIPPONIKONG » Brian Scott Peterson

INTERVIEW de l’artiste Monsieur QUI

TRAVEL’IN

« BERLIN AU QUOTIDIEN » (work in progress) Leila Garfield

INTERVIEW du peintre David Proux

SOMEWHERE

« ROUTE 66 » Nicolas Brunet

INTERVIEW de l’artiste Martin Müller

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« ANDRÉA » Mathieu Drouet

INTERVIEW de l’illustratrice

photographe Lisemai

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  • ANDRÉA

COMMENT EST NÉE CETTE SÉRIE ?

Pour Pâques, j’ai eu la possibilité de partir avec une amie et son fils Andréa en Espagne. C’étaient mes premières vacances
depuis très longtemps. Je suis partie avec mon Mamiya et quelques films, avec juste dans l’idée de faire des photos
souvenirs. En rentrant à Lille, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de photos (deux photographes en vacances,
c’est assez particulier...) mais que finalement Andréa était présent sur quasiment la moitié des images.

ELLE RACONTE…

Comme, au départ, il n’y avait rien de construit, je ne peux pas dire qu’elle raconte quelque chose. Mais il est clair que venir
en Espagne m’occuper d’un enfant à ce moment-là de ma vie, ça m’a permis de comprendre comment j’ai vécu ma propre
enfance et surtout ce qu’il me manque.

ANDRÉA ?

Je ne suis pas à l’aise avec les enfants en général, mais avec lui c’est facile. Il est adorable, et puis il retient vite les gros
mots que je lui apprends.

www.mathieu-drouet.com/

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  • INTERVIEW

VOTRE BLOG EST EN LIGNE…

Oui enfin ! Il s’appelle Dis Camion (http://www.lisemai.canalblog.com), il est né le 3 juin 2009 et pèse 150 pages visitées par
jour en moyenne. Ça n’est pas très lourd mais la maman est heureuse.

UN HUMOUR QUI NE VOUS QUITTE PAS…

C’est nul de vivre pleins de petites choses ridicules ou drôles et de ne rien en faire. Quand je ne dessinais pas, j’étais frustrée
de ne pouvoir faire rire qu’une poignée d’amis avec ces histoires, et qu’il n’en reste rien d’autre que quelques souvenirs
et quelques private jokes. Montrer ces dessins, ces anecdotes, c’est partager, faire rire, provoquer des réactions, des
discussions, chacun se reconnaît un peu dans ce personnage et ceux qui l’entourent. On me demande régulièrement si
c’est 100% autobiographique. En réalité, il y a une grande partie d’anecdotes personnelles, mais je m’inspire aussi des
histoires de mes proches qui me font rire et que j’imagine transposées en dessin. J’essaie toujours, néanmoins, de faire
ça sans méchanceté aucune, même s’il y a de petites projections de vitriol parfois. C’est probablement, quelque part,
une espèce de thérapie. À présent, dès qu’il m’arrive une merde, je souris intérieurement en me disant qu’au moins tout
n’est pas perdu et qu’on va se coller au recyclage du vécu en un truc marrant. Un peu comme si la façon la plus simple de
traverser ce long fleuve pas tranquille c’était de passer par la case autodérision, moqueries toutes relatives sur soi-même et
les autres, sans apitoiement. Ça permet de dédramatiser, et puis on n’est jamais mieux vanné que par soi-même.

VOS AUTRES PROJETS ?

Continuer à me faire plaisir et à faire plaisir avec mes dessins et mes photos (http://www.flickr.com/photos/lisemai/), conserver
de la fraîcheur dans un bocal, cumuler les bonnes expériences, vivre.

www.lisemai.canalblog.com

www.flickr.com/photos/lisemai/

  • NEW WORLD
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« NYC 2000 » Patrick Lhuiller

INTERVIEW du réalisateur Jean Mach

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  • NYC 2000

À PROPOS DE CETTE SÉRIE…

Elle est née en 2000, lors d’un passage à NYC entre une réunion de cardiologie à Orlando et un retour à Paris. Un jour de
plaisir à découvrir cette grande ville, au lieu de dormir à l’aéroport comme des collègues...

Accompagné d’une New-Yorkaise également photographe, rencontrée dans la rue en demandant mon chemin, j’ai pu
photographier des endroits qu’on peut voir sur les cartes postales ou les catalogues de compagnies de voyages. Le
photographe enfant en pure découverte.

CE VOYAGE…

Une révélation la beauté de cette ville, son modernisme et son originalité (entre autres, les galeries dans les étages), des
images d’enfance qui réapparaissent (ce NY où il fait 50 °C… dans le « Soleil vert » !), des préjugés sur les Américains qui
disparaissent, un plaisir de marcher dans une ville cosmopolite, de rencontrer des Français qui ont créé leur restaurant…

VOUS PRÉPAREZ UNE EXPOSITION ?

Une exposition, c’est oser montrer des photographies de NY à l’ancienne, comme si les photos dataient de 1800 (I suppose…
mais on dirait plutôt du XVIIe ou du XVIIIe siècle, il me semble), faire partie des premiers qui osent remontrer les Twins dans
une expo. Le but de cette expo n’est pas d’essuyer une larme sur le passé, mais de présenter simplement la vision New
York, positive, grandiose, poétique et picturale. C’est MON New York de l’an 2000.

Exposition du 4 au 26 novembre 2009

Cabinet Jean-Francis Gaud - 3, rue Rossini, 75009 Paris

du mardi au samedi de 11h00 à 18h30

www.galeriebinome.com ou 06 16 41 45 10

Vernissage le 3 novembre, de 18h à 21h30 Fiche technique :

Tirages argentiques - Épreuves uniques sur Kentmere et Bergger Prestige - Formats 30x40 / 40x50 / 40x60

Les photos seront ensuite exposées à la Galerie Gelot, 29 rue St Paul, 75004 Paris - ouvert TLJ de 14h30 à 19H30

www.flickr.com/photos/26013112@N08/

  • 8th WONDERLAND

POURQUOI LA RÉALISATION ?

Je suis, à la base, un scénariste. Mais je me suis vite aperçu que si je voulais que l’histoire que je racontais soit portée
à l’écran d‘une manière fidèle, mieux valait que je me colle également à la réalisation. J’avoue que mon goût pour la
réalisation n’est venu qu’en découvrant ce métier, après quelques essais plus ou moins bien aboutis (et plutôt moins !). Mais,
aujourd’hui, j’aime véritablement cette étape de la création d’un film : les relations avec les comédiens ou les membres de
l’équipe technique, la mise en application de votre découpage technique ou le stress qui se dégage d’un plateau lors d’une
journée durant laquelle vous avez du retard (c’est à dire, tout le temps !!!), tout cela est véritablement une drogue dont vous
devenez de plus en plus dépendant…

VOTRE PREMIER SOUVENIR EN TANT QUE SPECTATEUR…

Je dirais « Blanche-Neige et les 7 nains » que j’ai vu petit dans un drive-in ciné, avec mes parents, durant une nuit d’été.
J’avais adoré la magie qui se dégageait de ce film à une heure où j’aurais normalement dû être endormi (trop content
d’avoir du rab !)… J’ai deux souvenirs de ce film, plus de trente ans après : L’étonnement face aux affirmations du miroir
qui n’arrêtait pas de déclarer Blanche-Neige comme étant la plus belle du royaume. Pour moi, Blanche-Neige était sans
aucun doute bien gentille mais super moche ! Du coup, je ne comprenais pas pourquoi la reine, à mes yeux beaucoup
plus charismatique, s’acharnait sur sa « rivale » au lieu d’aller tout simplement échanger son miroir contre un qui marche…
La peur que j’ai ressentie en voyant la reine transformée à la fin en sorcière (et là, pour le coup, beaucoup moins séduisante !)…
J’en ai fait quelques cauchemars pendant les jours qui ont suivi la séance…

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  • UNE ANECDOTE DE TOURNAGE…

Nous sommes en intérieur (nous avons loué une maison à Paris) et nous tournons toutes les scènes qui nous restent avec
Matthew Géczy, qui interprète John Mc Clane dans le film. Il est 18 heures et, comme d’habitude, nous avons pris du retard.
Mais là, il n’est plus possible de continuer. Par un concours de circonstances (arrivée des propriétaires, départ des équipes
techniques qui doivent libérer la rue et donc emporter le matériel, etc.), il nous reste maximum 15 minutes. Le problème,
c’est que le seul plan qui nous manque à tourner est artistiquement le plus difficile : Matthew a au minimum les 3/4 d’une
page de scénario à dire sous forme de monologue, et ce monologue est indispensable au film… Branle-bas de combat !
On commence à se réunir avec la première assistante pour voir si on peut revenir dans la maison, si c’est rajoutable dans
un plan de travail déjà ultra-serré, etc., et c’est là que Matthew nous interrompt : « Je crois que je peux le faire, même en 10
minutes. » Il a trois prises maxi, pas une de plus « Moteur, annonce… », 50 paires d’yeux sont rivées sur lui et la pression est
au maximum sur le plateau, « ça tourne… Action ! » Le plus fort, c’est qu’il a vraiment réussi ! Chapeau, Matthew !!

VOS PROJETS…

J’ai deux projets en tant que producteur et également deux en tant que réalisateur : Via MAD FILMS, notre maison de
production, nous avons en développement un polar psychologique, « Mens Insana ». C’est une coproduction avec des
Allemands, des Belges et des Canadiens, et c’est François Gaillard, un super réalisateur, qui s’y colle. Tournage fin 2010.
Nous avons également un drame sur fond de guerre israélo-palestinienne, « Juliette et Roméo ». Le réalisateur est Philippe
Georges André dont ce sera le premier film. Tournage également fin 2010. Question réalisation, j’ai « 9th Wonderland » (donc
la suite de « 8th »…) dont l’écriture va débuter ce mois-ci. Le tournage ne démarrera pas avant 2011. Je le co-réaliserai à
nouveau avec Nicolas Alberny. Et j’ai une comédie loufoque, hommage à Mel Brooks, (que je réaliserai un jour, quand j’aurai
du temps !) dont le scénario est déjà écrit : « Hitler on Ice ». Tout un programme !

www.8thwonderland.com

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« LES PICARDS » Mathieu Farcy

INTERVIEW de l’artiste Antoine Montagne

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  • LES PICARDS

COMMENT EST NÉE CETTE SÉRIE ?

J’ai, je pense, toujours eu une affection particulière pour les anciens. Les contes, les légendes de village m’ont toujours
attiré. Et les anecdotes. J’aime les anecdotes, celles que l’on raconte, enfant, et avec lesquelles on brille de tant de savoir.

J’aime les intérieurs, lents, parfois ternes et riches de souvenirs, dans lesquels vivent ceux que j’ai photographiés. J’aime
le temps qu’ils ont, le temps qu’ils prennent, et le temps qu’ils ont pris à m’accueillir chez eux. J’ai voulu photographier le
temps qui a passé.

QUEL ACCUEIL VOUS ONT RÉSERVÉ LES GENS ?

En pénétrant dans l’intimité de chacun, j’ai eu peur de ne pas être accepté. Mais à la vérité, j’ai toujours eu un accueil
fantastique ! J’ai passé beaucoup plus de temps à échanger, à boire un verre ou un café, et à parler du temps jadis, qu’à
faire des photographies. L’acte photographique s’effaçait devant les vies, les histoires ou les récits les plus graves.

LA DEUXIÈME PHOTO REPRÉSENTE…

Un peu plus de l’univers de chacun, un peu de leur âme ou de leur amour. C’est aussi une manière de raconter une
histoire aussi subjective que possible. Une histoire que chacun lit avec ses mots, en imaginant la raison d’être du diptyque.
Maintenant, je vois ces photographies comme on lit un conte, vous savez, ces contes que l’on a tant lus qu’ils deviennent
une partie de nous-mêmes.

www.mathieu-farcy.fr

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  • INTERVIEW

POUVEZ-VOUS NOUS PRÉSENTER VOTRE TRAVAIL ?

La plupart de ces collages sont nés d’une envie de revenir au papier, au travail manuel. Ils sont extraits d’un cahier que je remplis
régulièrement, un peu à la manière d’un journal intime. Je souhaitais m’exprimer librement, contrairement à la plupart des travaux
que je réalise en tant que graphiste freelance et pour lesquels la créativité est souvent bridée par les contraintes marketing du
client. Tout graphiste connaît ça et le vit plus ou moins bien... Je cherchais aussi une échappatoire à l’outil informatique. Toutes ces
heures passées devant l’écran rongent mon crâne végétal ! Sur ce point je me suis un peu égaré puisque j’en suis venu à scanner
mes collages et les enrichir sous Photoshop. Au final, je ne suis pas mécontent de l’avoir fait.

VOTRE INSPIRATION ?

La musique, une source d’inspiration inépuisable... elle me dicte formes, textures, couleurs.

Je suis aussi le travail des autres. Je me réjouis d’ailleurs de l’engouement actuel pour le collage car nous nous nourrissons
tous les uns des autres. Le collage n’est pas une technique nouvelle mais on voit en ce moment beaucoup de choses
novatrices. C’est une technique « artisanale », à la portée de tous, qui permet vraiment d’exprimer sa sensibilité.

VOS PROJETS, SOUHAITS POUR DEMAIN…

Continuer à faire de beaux collages, imaginer de nouvelles collaborations (avec un groupe de musique par exemple), affiner
mon langage, pousser davantage mes créations, exposer...

J’ai aussi de plus en plus l’envie de goûter à l’animation. J’ai beaucoup d’intérêt pour le Clip et le Motion design même si
les techniques ne me sont pas familières.

www.antoinemontagne.com

www.kraftdesign.fr

  • WORKERS
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« SALARYMAN PROJECT » Bruno Quinquet

INTERVIEW de l’Atelier CAMINO

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  • SALARYMAN PROJECT

LA PHOTOGRAPHIE POUR VOUS…

Ma venue à la photographie s’est faite parallèlement à mon arrivée au Japon. Je pense que ce changement radical
d’environnement culturel et linguistique a généré en moi un besoin de décodage que la photographie est venue combler.

Créant arbitrairement un objet visuel en l’isolant de la continuité du monde, la photo entretien une relation ambiguë avec le
réel. J’aime cette ambiguïté. Elle me permet de garder un pied dans la réalité pendant que, de l’autre, je sonde le monde
du rêve.

À PROPOS DE CE PROJET, LE CHOIX DU THÈME, DE LA PRÉSENTATION…

Le Salaryman Project est une étude sur le travailleur de bureau inconnu. Sous la forme d’un agenda professionnel, la série
accompagne le salaryman tokyoïte au fil des saisons et tente de représenter la normalité masculine japonaise aux abords
du monde mystérieux de l’entreprise. Par-delà sa thématique documentaire et sociale, ce travail est un jeu de cache-cache
motivé par la volonté de contourner avec humour, mais détermination, les contraintes grandissantes imposées par le droit
à l’image.

VOS AUTRES SÉRIES, PROJETS EN COURS…

J’envisage de faire un livre pour le Salaryman Project. D’autres projets en cours sont visibles sur mon site internet. Mes
centres d’intérêt photographiques sont, dans le désordre : la ville, les plantes, la normalité, et la ligne floue qui sépare les
espaces publics de la vie privée.

www.brunoquinquet.com/

  • Depuis son lancement en 1998, Actuphoto a su s’imposer parmi les media culturels consacrés à l’actualité photographique ce qui lui a permis d’acquérir la confiance des plus grands organisateurs d’événements photographiques tels que l’agence VU, Magnum photo, la Maison Européenne de la Photographie, le Jeu de Paume, Paris Photo...

LES SERVICES

Aux lecteurs

• Les annonces des expositions dans toutes les villes où la photographie a joué et joue encore un rôle historique

• Les actualités récentes du monde de la photographie

• Une sélection d’ouvrages et de parutions

• La couverture des principales manifestations, festivals, colloques, rencontres, salons ou signatures…

• Un accès gratuit aux alertes par email

Aux photographes

• L’annonce des concours, prix, bourses, appels à candidature

• L’annuaire des professionnels de la photographie

• Une rubrique CARTE BLANCHE mettant en avant des photographes originaux et marginaux à découvrir

• Un espace membre permettant aux professionnels, amateurs et photographes d’échanger des informations et de soumettre
leurs communiqués de presse ou événements

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  • INTERVIEW

DES CRÉATIONS ORIGINALES…

L’Atelier CAMINO crée à partir de la récupération. Récupérer est-ce consommer ? Récupérer, c’est observer notre milieu
quotidien, nos habitudes de consommation et de rejet. C’est proposer un second regard sur des objets déconsidérés. C’est
la matière première qui donne lieu à l’inspiration : Réinterprétation, nettoyage, transformation. Un processus qui transforme
l’objet de série en pièce unique.

UN CONCEPT DE DESIGN…

L’Atelier CAMINO crée des univers décoratifs exceptionnels et responsables, en lien avec le passé et dans l’air du temps. La
galerie d’art contemporain Nathalie Fiks y croit et inaugure le nouveau concept de son espace avec l’Atelier CAMINO : aux
oeuvres d’art s’associent nos objets contemporains. L’exposition PRÊT À (EM)PORTER ‘09 a lieu du 9 au 24 décembre, au
21 rue Pierre-Fontaine, 75009 Paris, et se transforme par la suite en showroom permanent de notre Atelier.

UNE DÉMARCHE GLOBALE…

L’Atelier CAMINO propose une offre complémentaire sur mesure, respectueuse de l’homme et de son environnement : réalisation
d’aménagements intérieurs, conception événementielle de décors et de vitrines, édition de mobilier, et prochainement édition
de séries limitées. Nos chantiers sont conçus et réalisés selon les exigences liées à un « développement durable ». Un service
de conseil en communication responsable accompagne nos prestations et cette valeur ajoutée nous différencie. La création en
2011 d’une résidence d’artistes soutient le volet ouverture et engagement culturel de notre démarche.

Plus d’informations : www.caminobjets.com

Contact : Rémi Lubin : 06 84 59 81 76 / 01 53 26 37 10

caminobjets@gmail.com

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« NIPPONIKONG » Brian Scott Peterson

INTERVIEW de l’artiste Monsieur Qui

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  • NIPPONIKONG

BIOGRAPHY :

Brian Scott Peterson est né à Tulsa, Oklahoma. Il est le petit-fils de Gordon et May Margaret Fallis, qui étaient éditeurs et
rédacteurs en chef du Tulsa Tribune et de TulsaLite et Spotlite magazines. Il fut ainsi confronté, très jeune, au photojournalisme
et à l’imprimerie, et cela piqua son intérêt pour la photographie. Après sa fréquentation de l’Université du Colorado à Boulder,
il a beaucoup voyagé à travers l’Asie du Sud-Est et l’Asie centrale, avant d’emménager à Tokyo, où il vit depuis 2004.

Conter ses aventures à Tokyo et ses fréquents voyages dans les plus grands centres urbains chinois est le but de ses
récents travaux photographiques. Il expose fréquemment au Japon et à l’international. Son travail a été publié dans de
nombreux journaux culturels locaux.

À PROPOS DE CETTE SÉRIE…

Dans le bac à sable de mon quartier, comme beaucoup d’enfants américains, je pensais qu’en creusant assez loin, je me
retrouverais en Orient. Dans mes fantasmes, je me retrouvais au milieu des rickshaws, des geishas trimbalant des ombrelles
rouges, des empereurs en soie rouge assis sur des trônes dans les temples Shaolin, des ninjas engagés dans des combats
de Kung Fu contre des samouraïs pendant que leurs grands maîtres moustachus les observeraient du haut de montagnes
de jade. En grandissant, j’ai découvert que mes fantasmes étaient totalement erronés, et que se rendre en Orient nécessitait
en effet de creuser un trou, mais uniquement dans mes finances.

Mon premier voyage à Tokyo, en 2004, avait quelque chose en commun avec mon premier voyage à Hong Kong, la même
année. J’ai aimé ces villes au premier regard (et parfum, toucher, goût et son), tout, depuis les anciens temples jusqu’à
la nourriture très vivante. Du point de vue américain, ces villes sont aussi étrangères et aussi peu familières que possible.
On ne peut se préparer au bombardement de particularités qu’on trouve dans les marchés ouverts ou dans les ruelles les
moins fréquentées. Avec les énigmes que je continue de rencontrer à chaque coin de rue vient une curiosité toujours plus
profonde pour le tissu social et urbain qui rendent ces villes complètement uniques. Et plus je creuse dans les cultures et les
paysages urbains, plus je suis surpris de ce que je trouve, et plus je réalise que je les connais bien peu. Pourtant, dans cette
perpétuelle désorientation, je commence à trouver une harmonie et une réciprocité qui lie Tokyo et Hong Kong. Comme si
ces soeurs jumelles avaient été séparées à la naissance par les eaux.

Pour ce projet, j’ai essayé d’élucider visuellement mon voyage, le passage que j’ai creusé à travers les deux villes, et
d’enregistrer la continuité et les coïncidences qui les parcourent en les empilant les unes sur les autres sur la pellicule. J’opte
pour les expositions multiples afin d’essayer de mettre en lumière des surprises que je ne cesse jamais de chercher.

www.brianscottpeterson.com

www.zokyo.jp

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  • INTERVIEW

VOS SOURCES D’INSPIRATION…

La rue, la vie, les vieux illustrateurs (R. Gruau, Antonio Lopez), Ernest Pignon-Ernest, la culture punk, le skate, la mode,
les vieux films d’exploitation, les animaux, l’actualité, Faile, Wk interact, la photo de mode, bref, tout ce qui est image ou
histoire…

CRÉER C’EST…

Ralentir l’asservissement !

VOS PROJETS…

Pas de projet fixe, je commence à peine une activité professionnelle dans l’illustration.

Sinon, continuer à coller des illustrations dans les rues de Paris…

www.monsieurqui.com

  • SOMEWHERE
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« BERLIN AU QUOTIDIEN »

(work in progress) Leila Garfield

INTERVIEW de l’artiste David Proux

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  • BERLIN AU QUOTIDIEN

UNE SÉRIE…

Que j’ai commencée en avril dernier. Une volonté de couleurs vives et de compositions instinctives. Ce sont des photos de
mon quotidien berlinois.

BERLIN, UNE VILLE…

Où tout bouge sans cesse, qui se construit encore et encore, qui attire des artistes du monde entier, qui a une énergie
particulière, qui m’inspire jour après jour.

VOS PROJETS…

Trouver un éditeur pour mon livre « Warum Berlin », continuer cette série sur le quotidien, finaliser l’installation que je prépare
depuis quelques mois...

www.leilagarfield.com/

http://leilagarfield.tumblr.com/

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  • INTERVIEW

LA FORCE DES DÉTAILS…

Vous prenez n’importe quelle situation, vous pouvez même la mettre en scène, si vous prenez le temps de bien la regarder et
de ressentir ce qu’elle touche au fond de vous, que vous changez votre angle de vue, alors vous percevrez que cette réalité
peut être bien différente... Prendre le temps permet à l’inspiration d’avoir la liberté de jaillir, c’est pour cela qu’il me faut plusieurs
semaines, voire plusieurs mois pour chaque tableau. Le temps de faire l’expérience, le temps de partager, le temps de mûrir et
de mettre en images le ressenti sous sa forme la plus simple et la plus naïve, comme le ferait peut-être un enfant, permet à la
construction du tableau de se faire naturellement... comme la vie, j’imbrique une chose dans une autre et je fais d’une même
ligne, d’un même trait parfois, plusieurs histoires. S’il y a une force dans les détails de mes toiles, elle vient de là ! Cependant,
certains y verront une force, d’autres tout autre chose... À chacun son interprétation... et c’est cela qui m’intéresse dans le fait
de vous montrer mon travail aujourd’hui, c’est de connaître votre sentiment, d’avoir un échange et de le partager avec vous.

ENTRE LA NAÏVETÉ DE L’ENFANCE ET LE MONDE ADULTE…

Oui, mes tableaux sont cela, ils sont un pont entre ces deux rives, ils parlent de cette expérience, de ce passage et des
souffrances qui semblent inévitablement l’accompagner. Je veux parler bien sûr du passage ou l’on devient adulte... Ceux
qui ont passé ce cap sauront de quoi je parle, les autres qui n’en ont pas encore fait l’expérience le sauront le moment venu.
Pour ne pas perdre ma part d’enfant, j’ai mis en images ces moments de vie, afin de créer un pont entre ces deux mondes,
pour ne pas oublier qui je suis. Autre chose, je ne crois pas que les enfants soient naïfs. Bien au contraire, c’est nous qui le
devenons avec l’âge. En tout cas, je prends ces mots comme un vrai compliment, merci !

TES SOURCES D’INSPIRATION…

La vie, l’amour, l’autre... Cela semble si évident, simple et compliqué parfois... Avec le temps, j’ai eu envie de partager
avec l’autre parce qu’il devient une si belle source d’inspiration. J’ai commencé par mes enfants, puis j’ai continué avec des
personnes adultes plus ou moins proches, mais avec qui j’ai eu un vrai échange, un vrai partage, sans faux-semblant, des
gens qui m’inspirent, évidemment. Je commence généralement mes dessins en demandant à la personne de poser ses
mains sur la toile. Comme elle veut et où elle veut. Et après, on parle, c’est tout simple. Dessiner est pour moi le meilleur
moyen pour faire partager ce que je ressens, et cet outil s’est imposé naturellement. Il me permet de garder une distance
suffisante par rapport à l’événement et une liberté vis-à-vis de certaines de mes émotions, afin d’être un témoin actif de
l’histoire de la personne. Une forme de thérapie par le dessin. Je prépare actuellement mon expo. Il n’y a pas de lieu défini
à l’heure actuelle mais vous pouvez voir le reste de mon travail sur le site :

http://davidproux.darqroom.fr/gallery

davidproux@yahoo.fr

  • Digital Photo Professional, plus communément appelé « DPP », est le logiciel de traitement d’images édité par Canon et fourni gratuitement avec tous les reflex numériques de la marque. Spécialisé dans le développement des fichiers RAW « Canon », il permet aussi de travailler au post-traitement des images JPEG et TIFF via une interface simple et des outils judicieusement choisis, faciles à appréhender et à maîtriser. Ainsi, en plus d’être le seul logiciel capable de donner accès à toute l’information contenue dans les fichiers CR2 issus des boîtiers Canon, ce « dématriceur » qui a sa place parmi les meilleurs du marché est un formidable outil d’apprentissage du traitement des fichiers RAW pour les photographes qui travailleraient pour la première fois avec un logiciel de développement.

Cet e-book est le tout premier titre en langue française entièrement dédié à DPP. Après une présentation des principales
fonctionnalités du logiciel et un rappel des notions essentielles à un traitement d’images maîtrisé (exposition, luminosité,
histogramme…), il propose une découverte par la pratique des points forts du logiciel à travers une vingtaine d’exemples
concrets détaillés pas à pas.

  • TRAVEL’IN
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« ROUTE 66 » Nicolas Brunet

INTERVIEW de l’artiste Martin Müller

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  • ROUTE 66

CETTE SÉRIE EST NÉE…

Sur un coup de tête : envie de partir, envie d’espace, ne rien préparer et tout faire au feeling. Se laisser guider le long de la
route pour mieux s’imprégner de l’ambiance qui en ressort.

UN TRAJET MYTHIQUE…

Et intégré dans nos mémoires par de nombreux films et reportages. Sur la ‘mother road’ on retrouve très vite tous les clichés
qui ont fait de cette route un mythe : traversée d’étendues désertes, vieux motels signalés par des néons lumineux, stations
essence et autres garages datant des 50’s ou 60’s, des groupes de bikers barbus sur des Harley...

LE RÊVE AMÉRICAIN…

Il se traduit par l’impression de liberté. L’étendue des plaines à perte de vue est tout simplement vertigineuse. Il n’est pas
rare de ne croiser personne sur des dizaines et des dizaines de miles. On se sent vraiment libre.

www.nicolasbrunet.fr

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INTERVIEW

TON PARCOURS ARTISTIQUE

Ma carrière artistique a débuté il y a 29 ans avec une exposition de photographies et d’un mélange de différents supports.
Après ce « coming out », j’ai décidé d’approfondir mes connaissances d’un point de vue théorique sur l’art et la culture, et
j’ai étudié l’histoire de l’art, la philosophie et la littérature germanique à l’Université de Cologne. En 1988, j’ai reçu un M.A. et
j’ai fini mes études en 1993 avec un diplôme de PhD. Parallèlement, j’ai travaillé en tant que peintre et graphiste à Cologne,
ce qui m’a permis de financer mes études. Après cela, j’ai « inventé » un musée innovant appelé le « PAN kunstforum », l’ai
managé pendant treize ans, et j’en ai été le directeur jusqu’en 2007. J’ai aussi produit beaucoup de peintures, de mélanges
de différents matériaux et de design pendant cette période. Puis, durant deux ans, j’ai été intervenant à l’école des Arts et
du Design à l’Université de Derby (UK). Cette année, j’ai travaillé comme commissaire d’exposition entre autres pour « Osrale
09 », un très gros festival d’art à Dresden. Bien sûr, j’y ai aussi exposé mes travaux. Au final, il n’y a pas de limite entre les
différents champs d’activité de mon travail qui regroupent la théorie, le management et les productions artistiques.

  • TU MÉLANGES DIFFÉRENTS MATÉRIAUX …

Oui, c’est la même histoire que celle mentionnée précédemment. Il n’y a pas de limite entre les différents champs d’expression.
Dans mes peintures, il y a diverses strates d’impressions numériques mais aussi des éléments abstraits et des phrases
ou des notes écrites, qui représentent à la fois le langage et le dessin. Ces éléments et ces couches ne sont pas liées les
unes aux autres mais restent autonomes. Donc les yeux, l’esprit et l’âme du spectateur oscillent en permanence entre la
visualisation, les signes et le sens. L’ensemble est plus que la somme des parties.

TES PROJETS À VENIR

Un de mes projets en cours est « Ostrale 010 », à Dresden. Je suis membre de l’équipe d’organisation du festival. D’autre
part, je travaille sur un projet artistique : « Not from here ». Ce projet est conçu comme un « work in progress ». « Not from
here » porte sur les différents aspects de la perception et de la compréhension interculturelles. Un artiste allemand qui vit
à Berlin et qui n’est jamais allé en Nouvelle-Zélande tente d’exprimer systématiquement par la peinture ou le dessin sa
vision personnelle de la Nouvelle-Zélande, son héritage culturel et son mode de vie contemporain, « vu de l’extérieur ». Il
y a trois phases au projet : la réalisation technique, l’aspect intellectuel et l’approche physique. La phase 1 consiste en 60
impressions digitales réalisées à Berlin. La phase 2 regroupera 30 mélanges de photos sur papier, également réalisées à
Berlin. La phase 3 sera composée de 15 peintures de 200 x 300 cm réalisées au cours d’une résidence artistique de 5
mois en NZ. L’accomplissement de ce projet sera exposé dans le Centre d’Art Contemporain (COCA) à Christchurch. En
ce moment, quelques impressions digitales peuvent être vues dans une exposition de mes posters à l’AEP de Hambourg,
jusqu’à fin décembre.

www.heyoka.eu

  • Ont participé à ce numéro :

laurence guenoun - Directrice de publication / DA

carine lautier - Rédactrice en chef

candice nguyen - Communication & Publicité +33 689 921 043

JÖRG FISCHER - DA / Graphiste

mathieu drouet - Webmaster

eric battistelli - Journaliste

christophe dillinger - Traduction

vanessa coquelle - Traduction

ELIE BRUNEL - Traduction

VERONIQUE DE LAUNAY - correctrice français

Eva Moreno López - Photo couverture

Remerciements pour leur aide et soutien à :

BENOIT MARTINEZ www.ensp-arles.com

FREDERIC HIARD www.virusphoto.com

ANTONY BARROUX www.pixfan.com

CEDRIC DUMENIL www.unjourunsite.be

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